Le Rêve, point de départ du changement
- Bénédicte Flouriot

- 23 avr.
- 13 min de lecture

Le changement… il est partout ! Dans notre quotidien, dans nos relations, et même dans ce que l'on croit imperturbable. On ne peut pas y échapper, tout simplement parce qu'il est la condition du vivant. Il est au cœur de tout ce que l'on est, de tout ce que l'on fait.
Tout change autour de nous, en nous, tout le temps. Et c'est une bonne nouvelle : car changer, c'est grandir. Évoluer, c'est apprendre à mieux se connaître, à se découvrir sous de nouveaux angles, à s'approfondir. C'est accepter que la version de soi d'hier n'est pas celle d'aujourd'hui et que celle de demain sera différente encore. Et il y a quelque chose de profondément libérateur dans cette idée, quand on cesse de la résister.
Mais le changement ne se présente pas toujours de la même façon. Parfois, il s'impose : une rupture, une perte d'emploi, une opportunité qui surgit sans prévenir. Dans ces cas-là, on n'a pas le contrôle sur ce qui arrive, mais on l'a sur la façon d'y répondre. C'est déjà énorme. Et souvent, c'est dans ces moments-là, les plus difficiles, les plus déstabilisants, que l'on découvre des ressources insoupçonnées. Que l'on se surprend soi-même.
Et puis, il y a l'autre changement. Celui que l'on choisit. Celui qui naît d'une envie profonde de transformer quelque chose : sa vie, son quotidien, sa façon d'être au monde. Ce changement-là est différent. Il ne s'impose pas, il appelle. Il murmure, parfois depuis longtemps, avant qu'on ne l'entende vraiment.
Et alors, la question devient : comment le changement s'initie-t-il quand il est choisi ? Qu'est-ce qui le provoque ? D'où vient cet élan qui pousse à se transformer ? Car ne l'oublions pas : qui dit changement, dit incertitude, et très souvent inconfort. Changer, c'est quitter le connu pour l'inconnu. C'est accepter de ne plus savoir exactement où l'on va, du moins au début. Alors, qu'est-ce qui peut être assez fort, assez puissant, pour qu'un changement s'enclenche malgré tout?
Dans cette quête de transformation, il y a toujours une étape que l'on sous-estime, voire que l'on saute complètement : avant de changer, s'autoriser à rêver.
Le rêve n'est pas un luxe, ni un caprice réservé à quelques esprits créatifs. Il est le point de départ de tout mouvement. La toute première impulsion : celle qui ne se voit pas encore, mais qui contient déjà tout. Car rien n'existe sans avoir été, un jour, imaginé.
Rêver : l'origine de tout ce qui nous entoure
Nous vivons dans un monde façonné par des idées qui, à une époque, semblaient impossibles. Il suffit de regarder autour de soi pour comprendre que tout a commencé par un rêve. La chaise sur laquelle je suis assise en écrivant cet article… quelqu'un l'a imaginée. L'ordinateur sur lequel je tape… quelqu'un l'a imaginé. La table sur laquelle je m'appuie. La tasse de café posée dessus… et même le café à l'intérieur. Tout ! Absolument tout ce qui nous entoure est issu d'un rêve, parfois fou, parfois évident.
Pensez-y un instant. Le téléphone dans votre main en ce moment. La ville dans laquelle vous vivez, ses rues, ses ponts, ses bâtiments. Internet, qui nous connecte à l'autre bout du monde en une fraction de seconde. Tout cela était, à un moment donné, une idée improbable dans l'esprit de quelqu'un. Quelqu'un qui a osé imaginer autrement.
En 1783, les frères Montgolfier font s'élever dans les airs le premier ballon à air chaud. Avant cela, voler relevait du fantasme. C'était une idée presque absurde. Et pourtant, à un moment donné, quelqu'un s'est autorisé à imaginer que c'était possible. Et cette autorisation, ce simple « et si… ? », a tout changé.
Que s'est-il passé avant l'invention ? Une intuition. Et avant l'intuition ? Une ouverture, une curiosité, une capacité à penser autrement, et surtout la possibilité de laisser exister une idée qui ne rentrerait peut-être dans aucun cadre connu. Pas de validation externe. Pas de certitude. Juste l'espace pour que quelque chose d'encore invisible puisse exister.
C'est cela, rêver, selon moi. Imaginer quelque chose de fou auquel personne n'a encore pensé, qui semble peut-être complètement utopique, mais qui en même temps crée cette sensation au plus profond de l'estomac… vous savez, ce petit pincement qui dit que ce serait peut-être possible. Vous la connaissez, cette sensation ? Cette petite voix qui dit « et si… » ? C'est ça. C'est exactement ça.
Rêver, c'est élargir le champ des possibles. Ouvrir ses horizons à plus grand, parfois à plus merveilleux. C'est créer un espace intérieur dans lequel quelque chose de nouveau peut émerger. Et sans cet espace, rien ne peut commencer.
Sans rêve, il n'y a pas d'élan. Sans élan, il n'y a pas de direction. Sans direction, il n'y a pas de transformation. Quand l'avez-vous ressenti pour la dernière fois, cet élan ?
Grandir… et oublier comment rêver
Rêver est certainement l'état le plus naturel qui soit. Enfant, on rêve les yeux grands ouverts, on imagine sans contrainte, sans cohérence, sans filtre. Le rêve est libre, spontané, évident. Il n'a pas besoin d'être justifié, expliqué, validé. Il existe, tout simplement, parce qu'il existe.
On se souvient tous d'une conversation avec un enfant, à qui on a demandé ce qu'il voulait faire plus tard. Sans hésiter une seconde, il a certainement répondu quelque chose comme: « danseur, vétérinaire, et aussi astronaute. » Pas de « mais », pas de « est-ce que c'est possible », pas de filtre. Trois rêves, prononcés avec la même conviction que s’il annonçait ce qu'il voulait manger le soir au dîner. Cette liberté-là… on l'a tous eue, un jour.
Et puis, en grandissant, quelque chose change. Le cadre s'impose, les attentes apparaissent, les conditionnements s'installent, les expériences de vie (bonnes et moins bonnes) prennent place. L'école nous apprend qu'il y a des bonnes et des mauvaises réponses. La famille, souvent avec les meilleures intentions du monde, nous dit « sois réaliste ». La société nous présente des modèles de réussite bien définis, des chemins balisés, des cases à cocher.
Et, sans vraiment s'en rendre compte, on commence à faire le tri entre ce qui est « possible » et ce qui ne l'est pas. On passe du « waouh, ce serait génial si… » à « mais est-ce que ce serait même réalisable ? ». Au lieu de se demander ce qu'on vivrait si cela se réalisait, on érige aussitôt la limite du possible/impossible… et l'élan s'arrête net. Progressivement, le rêve perd sa place. Il devient secondaire, futile, parfois même ridicule.
Et c'est là qu'on en vient à associer le rêve à l'illusion. Comme si rêver signifiait être déconnectée du réel. Comme si les personnes qui rêvent encore étaient un peu naïves (on me l’a tellement souvent dit !), un peu dans les nuages. Mais le rêve n'est pas illusion.
L'illusion, c'est rester dans l'imaginaire sans jamais le confronter au réel. Le rêve, lui, est une direction intérieure. Il ne remplace pas l'action, il la précède, et il est nécessaire pour mettre en mouvement.
Ce qui pose problème aujourd'hui, ce n'est pas que nous ne sachions plus agir. C'est que nous ne sachions plus rêver. Que nous agissions souvent… sans savoir pourquoi. Faire pour faire. Encore et encore, pour remplir (le vide, le temps) et pour soi-disant avancer… avancer vers quoi ? Je ne sais pas, puisqu'il n'y a pas eu le temps du rêve, de la direction.
Sans espace pour rêver, le faire perd tout son sens. On se retrouve à construire des vies qui fonctionnent… mais qui ne vibrent pas. Des vies bien rangées, bien organisées, efficaces et pourtant sans saveur. Vous connaissez ce sentiment ? Cette impression d'avoir tout ce qu'il faut, et pourtant de chercher quelque chose que vous n'arrivez pas tout à fait à nommer ?
C'est souvent le signal que le rêve attend d'être réintroduit.
Nourrir le rêve : (re)créer de l'espace
Si le rêve disparaît, ce n'est pas parce qu'il n'existe plus. C'est parce qu'il n'a plus d'espace pour exister. Nous vivons dans une société du « faire ». Tout va vite. Tout s'enchaîne. Tout s'accélère. Nous sommes en permanence sollicitées, stimulées, traversées par des flux d'informations et de pensées. Dans ce mouvement constant, il n'y a plus de place pour le vide. Or, le rêve naît précisément dans cet espace-là : dans le silence, dans le ralentissement, dans les moments où rien n'est attendu.
Créer de l'espace pour rêver, ce n'est pas ne rien faire. C'est permettre à quelque chose de se déposer, d'émerger doucement. C'est s'offrir du temps avec soi-même, sans objectif immédiat. Sans téléphone. Sans liste de choses à faire. Sans performance à accomplir.
Aujourd'hui, beaucoup de personnes considèrent comme une exception l'idée de s'accorder une heure pour elles-mêmes. Une heure pour penser, ressentir, laisser émerger.
Régulièrement, les dirigeants que j'accompagne me le disent : « Quel luxe d'avoir eu une heure ensemble pour me laisser le temps d'être ! » Quoi ?! Une heure ? Qu'est-ce qu'une heure ? Scandale ! On marche sur la tête.
C'est pourtant dans ces espaces que tout se réorganise. C'est là que les idées prennent forme, que les pensées s'éclaircissent, que les décisions deviennent évidentes. Justement parce qu'on a laissé de la place.
En 2018, j'ai traversé le Canada d'Ouest en Est, seule, en train. Cinq jours dans un espace réduit, à contempler les paysages, à laisser le temps faire son travail. On m'a demandé : « Mais tu ne t'es pas ennuyée ? » Mais non ! Quel bonheur ! Aucune attente de résultat, si ce n'était d'arriver à bon port. Pendant cinq jours, je me suis laissée porter, j'ai vécu au rythme de mes envies, j'ai fait de la place dans mes pensées pour simplement être à l'écoute de ce qui venait : manger, dormir, contempler, méditer, connecter avec les autres voyageurs (et avec moi-même), questionner, écrire… rêver. J'aurais voulu que cela dure plus longtemps. Cela a créé tellement d'espace en moi, dans mon cœur, mon esprit, et un milliard d'idées ont émergé (au moins, ahaha) ! Sans forcer, sans rien faire… juste en « étant ».
Le rêve a besoin de lenteur, de silence, de respiration.
C'est ce que je m'offre chaque semaine : des heures de marche en nature, en forêt. Un espace où le corps est en mouvement, et où l'esprit peut s'ouvrir. Les réponses que je cherche souvent en forçant apparaissent alors sans effort. Tout devient plus fluide, plus évident. Comme si le fait de bouger le corps libérait quelque chose dans la tête.
Et parfois, cet espace ne peut pas être créé seul. Il peut être soutenu : par un thérapeute, un coach, une relation qui offre un cadre sécurisé pour penser, ressentir, explorer, se déposer.
C'est là où l'idée de bien s'entourer devient essentielle. Avoir autour de soi des personnes qui rêvent aussi, qui osent, qui créent ; cela change profondément notre rapport au possible. Une sorte de constellation humaine, faite de celles et ceux qui nourrissent, inspirent, ouvrent… plutôt que restreignent. Car l'énergie est contagieuse !! Dans les deux sens.
Entourez-vous de personnes qui éteignent vos rêves, et progressivement vous cesserez de rêver. Entourez-vous de personnes qui font briller les leurs, et vous vous souviendrez que vous aussi, vous en avez.
Et attention : un rêve peut être simple. Pour certaines, ce sera de rentrer à la maison à 17h pour passer du temps en famille. Pour d'autres, ce sera d'imaginer aller un jour sur la lune. Il n'y a pas de bons ou de mauvais rêves, pas de rêves importants et d'autres insignifiants. Il n'y a que des rêves qui donnent du sens à la vie.
Les rêves (d'enfance) : une boussole intérieure
Rêver en dit long sur chacune d'entre nous. C'est une véritable cartographie de ce qui compte vraiment. Une fenêtre sur notre essence, sur nos valeurs profondes, sur ce qui nous anime réellement.
En 2023, alors que je finalisais la rédaction d'Horizons Stellaires, j'ai organisé une soirée avec cinq amis. Nous étions à Medellín, en Colombie. Sur le rooftop d'un bel hôtel, autour d'un verre de vin, nous avons rêvé ensemble. L'intention était simple : partager nos rêves sans jugement, sans attente de résultat, sans même chercher à savoir si quoi que ce soit était possible. Juste se laisser porter par l'énergie du rêve. L'exercice a été extraordinaire. Certains n'avaient jamais osé exprimer ce qui était réellement important pour eux. Ils n'avaient jamais eu l'espace pour mettre des mots (à voix haute) sur ce qu'ils imaginaient pour leur vie.
Ce qui m'a frappée ce soir-là, c'est la vulnérabilité que cela demande. Partager un rêve, c'est montrer quelque chose de précieux, de fragile. Quelque chose que l'on protège souvent en le gardant secret, justement parce qu'on a peur qu'on nous dise que ce n'est pas possible, que c'est naïf, que ce n'est pas pour nous. Et pourtant, quand on ose le dire à voix haute, dans un espace de confiance, quelque chose de magique se produit. Le rêve devient plus réel. Il prend de l'espace dans le monde extérieur. Il commence à exister autrement que dans notre tête.
J'y ai découvert des facettes insoupçonnées de mes amis. Ils m'ont aussi aidée à mieux me comprendre. Cela a offert une nouvelle lecture de qui ils sont, une perception plus fine de ce qui est essentiel pour eux, des directions dans lesquelles ils souhaitent s'engager.
Cet exercice m'a tellement marquée que je l'ai intégré à Horizons Stellaires, mon parcours signature d'accompagnement (pour en savoir plus : www.horizonsstellaires.com). Si tu n'as jamais expérimenté ce type d'exercice, je t'encourage vivement à le faire, cela pourrait bien te surprendre !
Certains de ces rêves étaient récents, d'autres dataient de la petite enfance. Et c'est là qu'on réalise que les rêves d'enfance ne disparaissent jamais vraiment. Ils évoluent, changent de forme, mais continuent d'être là, en arrière-plan. Comme une musique de fond qu'on n'entend plus vraiment, mais qui est toujours là, qui continue de jouer.
Quand je regarde mon propre parcours, je vois des liens évidents. Plus jeune, je voulais être danseuse sans avoir jamais vraiment dansé. Pianiste professionnelle, faisant le tour des salles de concert du monde, alors que j'avais arrêté le conservatoire à quinze ans. J'ai aussi eu ma période « juge pour enfants », pour sauver les petits des grands méchants. Puis psychologue… et me voilà coach nomade, passionnée de Biodanza. Vous voyez les fils conducteurs ? Les voyages, la musique, la danse, l'accompagnement : tout était déjà là mais sous des formes différentes.
Les rêves d'enfance parlent de notre essence. De ce qui est là, avant les conditionnements, avant les adaptations. Les revisiter, c'est se reconnecter à sa vérité la plus profonde ; et traduire, avec les yeux de la femme adulte que l'on est aujourd'hui, tout ce que ces rêves portaient, pour l'intégrer dans sa vie actuelle.
Du rêve à la réalité : de l'introspection à l'action
Vous l'aurez compris : rêver est essentiel. Mais si le rêve reste figé, il devient illusion.
Le rêve a besoin d'être vécu. Pas forcément réalisé immédiatement, pas forcément avec l'attachement à un résultat exact, mais simplement expérimenté. On l'évoquait en début d'article : le rêve, c'est l'élan du vivant. Et pour le rendre réel, il faut tout simplement le vivre, le toucher, l'approcher, le tester.
Car le passage du rêve à la réalité ne se fait pas en un grand saut, mais en petits mouvements.
C'est une idée qui va à l'encontre de ce que l'on valorise souvent : le grand geste, la transformation radicale, le « tout quitter pour tout recommencer ». Et si parfois ce grand saut est nécessaire, la plupart du temps, le changement durable se construit autrement. Dans la répétition de petits gestes. Dans la cohérence quotidienne. Dans l'accumulation de micro-décisions qui, mises bout à bout, finissent par dessiner une trajectoire entièrement nouvelle.
C'est parce que j'avance par petites étapes que je peux goûter, savourer, essayer… et ajuster. Et c'est exactement ce que j'observe chez les personnes que j'accompagne. Celles qui transforment leur vie durablement ne sont pas celles qui ont tout changé du jour au lendemain. Ce sont celles qui ont commencé par un tout petit pas et qui ont continué, pas après pas, avec constance et confiance. Et c’est pour cela qu’en général mes clients parcourent Horizons Stellaires en 6 mois.
Avant d'agir, il faut nommer. Mettre des mots sur ce que l'on veut vraiment. Pas ce qu'on « devrait » vouloir, pas ce qui serait raisonnable ou logique mais ce qui fait vibrer quelque chose à l'intérieur de soi. Ce premier pas semble simple, et pourtant, il est souvent le plus difficile. Parce qu'il demande d'être honnête avec soi-même. D'aller chercher en dessous des attentes des autres, des rôles qu'on joue, des habitudes qu'on a construites.
Quand j’ai commencé à envisager une vie nomade, je n’ai pas réservé un billet d’avion sur un coup de tête. J’ai d’abord pris le temps de me rencontrer dans cette idée : comprendre ce que ce mode de vie signifiait réellement pour moi, ce que je voulais y chercher et y vivre : la liberté, la curiosité, la découverte, l’apprentissage, la rencontre ? J’ai laissé mûrir l’élan, en prenant aussi le temps d’explorer le “comment” : quel chemin serait le mien, unique, ajusté à qui je suis.
En effet, une fois le rêve nommé, on peut commencer à l'approcher. Et approcher ne veut pas dire réaliser immédiatement. Cela peut vouloir dire : lire sur le sujet, rencontrer des personnes qui vivent ce que vous imaginez, essayer à petite échelle, vous exposer à l'univers de votre rêve pour voir comment vous vous y sentez.
Je me souviens notamment de ce voyage en Thaïlande, à Chiang Mai, pour une quatrième édition d’une conférence dédiée au nomadisme. J’avais besoin de me confronter au réel, de rencontrer celles et ceux qui vivaient déjà cette vie, de m’inspirer, de m’outiller, autant pour mon activité que pour mon quotidien. Et c’est ainsi, pas à pas, que la décision s’est dessinée : vivre pleinement avec une valise pendant plusieurs années. Une évidence qui n’en était devenue une que parce que j’avais pris le temps de mettre des mots sur mon identité, mes envies, mon pourquoi… et mon comment.
Le passage du rêve à l'action implique presque toujours un moment d'inconfort. Un moment où l'on doute. Où l'on se demande si on fait le bon choix. Où la peur parle plus fort que l'envie. Ce moment est normal. Il est même nécessaire. Il ne signifie pas que vous faites fausse route, il signifie simplement que la vie reconfirme avec vous si vous êtes sur le bon chemin.
La question n'est donc pas « comment éviter l'inconfort ? » mais « comment le traverser ? ». Et la réponse, souvent, tient en quelques mots : un pas à la fois. « Paso a paso » comme on dit chez moi au Paraguay ( chez moi en ce moment…la vie de nomade, il faut suivre, que voulez-vous !)
Certains rêves prennent deux semaines. D'autres prennent des années. J'ai mis six ans à obtenir ma citoyenneté canadienne, six autres à créer Horizons Stellaires, vingt-huit ans avant de prendre mon premier cours de violon, trente-trois avant de faire un saut en parachute. Et alors ? Peu importe !
Le rêve n'est pas une course. Il n'y a pas de bon timing universel. Ce qui compte, c'est ce qui est vécu, et surtout que cela soit vécu. Parce que chaque rêve expérimenté, même partiellement, même imparfaitement, ajoute quelque chose à qui vous êtes. Il vous nourrit, vous enrichit, vous complète.
Le rêve n'est pas là pour être coché sur une liste, comme un accomplissement de plus. Il est surtout là pour faire vivre quelque chose d'exceptionnel, pour créer du vivant à l'intérieur de soi. C'est une expérience, tout comme la vie.
Il n'y a pas de petit rêve, pas de grand rêve, simplement des rêves qui appellent si fort qu'il n'y a pas d'autre choix que de passer à l'action.
Et répondre à cet appel, c'est le plus beau cadeau qu'on puisse se faire.
Il me semble donc primordial de réhabiliter le rêve comme fondation du vivant. Le voir comme un passage vers la création, vers le mouvement, vers soi. Dans un monde qui valorise le faire, rêver devient presque un acte de résistance. C'est même une manière d'être au monde, une signature bien particulière.
Rêver, c'est choisir de croire que ce qui n'existe pas encore peut exister. C'est choisir de se faire confiance. C'est choisir la vie, dans tout ce qu'elle a de vivant, d'imprévisible, de merveilleux.
Alors, imaginez, vivez et surtout, laissez-vous surprendre par vos rêves !
Merci, Bénédicte





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